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Les maisons à compte d’auteur (pourquoi c’est pas si mal…)

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Lorsqu’on est un jeune auteur à la recherche d’une maison d’édition, on se renseigne un peu partout et, depuis quelques années à présent, on découvre les réseaux nourris de messages de haines à l’encontre de ces maisons.

 

Rappelons brièvement ce qu’est une maison à compte d’auteur pour ceux qui ne le savent pas.

Dans notre monde, il existe plusieurs types d’édition. L’autoédition, que vous commencez à connaître si vous me lisez régulièrement ; l’édition dite « classique » en maison d’édition à compte d’éditeur, c’est mon cas avec 404 éditions, mais c’est également le cas des maisons bien connues comme Hachette, Gallimard, Bragelonne, Harlequin, etc ; et enfin, les maisons d’édition à compte d’auteur. Quoi qu’en disent certain(e)s, ces maisons au fonctionnement bien différent des autres sont vraiment des éditeurs.

Leur métier principal est de transformer votre manuscrit en un livre au format papier et/ou numérique. La grosse différence réside dans leur modèle économique. En effet, la maison à compte d’éditeur ne vous demandera aucune avance sur les frais ni aucun argent à quelque moment que ce soit de la production de votre livre. En revanche, elle se réserve le droit de vous accepter ou non dans son catalogue. C’est ainsi que, bien souvent, lorsqu’on envoie un manuscrit à une maison d’édition de ce type, on reçoit une lettre de refus ou aucune réponse (le plus souvent). Puisque la maison d’édition prend tous les risques financiers, elle n’accepte de publier que les textes dans lesquels elle croit. Et quand je dis qu’elle y croit, ça veut dire en particulier qu’elle pense pouvoir avoir un retour sur investissement d’une manière ou d’une autre.

À l’opposé, la maison à compte d’auteur fait pratiquement tout l’inverse. Il est très rare qu’une telle maison refuse un manuscrit car elle ne prend pas ou très peu de risque financier. La plupart du temps, c’est à l’auteur de tout payer. Depuis l’impression à la demande, le lecteur paie, bien souvent cette partie au moment de l’achat du livre. Mais pour les corrections, la mise en page, la couverture et le marketing, c’est à l’auteur de mettre la main à la poche. Et normalement, tout est clair dès le départ !

Pour ce qui est des droits, en général dans les deux cas (compte d’auteur ou d’éditeur) le contrat stipule d’une manière ou d’une autre que le texte ne peut être publié ailleurs tant qu’il est sous contrat avec la maison d’édition. Dans les deux cas, le pourcentage reversé à l’auteur sur les ventes est à peu près équivalent et généralement un peu plus élevé en compte d’auteur. Il existe des maisons à compte d’auteur qui laisse à l’auteur le choix de fixer le prix à partir d’un seuil minimum correspondant à l’impression, à laquelle s’ajoute la marge de l’éditeur (même s’il ne le dit pas toujours).

 

Voilà pour les différences majeures.

Alors pourquoi les comptes d’auteur sont si décriés ?

D’abord, parce que l’auteur doit payer pour publier son livre et puisque la norme a longtemps été le modèle du compte d’éditeur, un autre modèle semble toujours étrange, encore plus lorsque c’est l’auteur qui paie. D’autre part, il y a eu beaucoup d’abus de la part de maisons à compte d’auteur qui se « cachaient » en ne précisant pas qu’il y avait des frais et ne le révélaient qu’au dernier moment, jouant sur l’effet de surprise et la crédulité de l’auteur tout content d’être publié. Ces pratiques ont toujours cours et sont effectivement condamnables. Sans oublier que, comme partout, les maisons à compte d’auteur ont des prix et des prestations très variables et là où certaines proposent un véritable accompagnement à un prix important mais raisonnable, d’autres proposent un travail bâclé à un tarif prohibitif.

Cependant, dans le monde de l’édition classique, il existe aussi des bons et des mauvais éditeurs. Certains ne paient pas leurs auteurs par exemple. La seule consolation dans ce genre de cas est que l’auteur n’a pas avancé de sous.

 

Alors pourquoi ce n’est pas si mal ?

Je le répète souvent : le compte d’auteur n’est pas forcément une mauvaise chose. Pour un auteur qui veut voir son livre en rayon dans une librairie mais que l’autoédition rebute par sa complexité et qui a été refusé par les maisons classiques ou qui est dans un secteur trop spécifique, il pourra y trouver son avantage. Certes, il devra payer mais n’oublions pas qu’il en va de même pour l’autoédition.

On nous parle très souvent de KDP (le service d’autoédition d’Amazon) en mettant en avant qu’il est simple et gratuit et qu’on fixe nous-mêmes nos redevances. Kobo writing life propose un système similaire ainsi que d’autres plateformes plus ou moins bien vues.

Cependant, la plupart de ces plateformes ne proposent aucun service. Pas de correction, pas de mise en page, pas de couverture ni de publicité. La plupart du temps, pour la mise en page, on vous fournit un modèle Word. Malheureusement, à moins d’être à l’aise avec le logiciel, ce n’est pas toujours évident. Combien d’auteurs m’ont dit avoir galéré avec le modèle d’Amazon par exemple ? Pour la couverture, là encore il y a des modèles mais encore faut-il avoir une idée et les images qui correspondent. Finalement, pour un livre de qualité correct, il faudra donc a minima investir dans un correcteur professionnel et probablement un graphiste. Il faudra ensuite faire sa communication. Bien sûr les réseaux sociaux sont un bon début mais cela ne suffit pas vraiment à faire des ventes, à moins d’avoir déjà une communauté. Le marketing, c’est comme tout : ça demande des compétences. En fin de compte, la note de l’autoédition est souvent équivalente à celle d’une édition à compte d’auteur. Avec un certain nombre de soucis en moins. Une maison, même à compte d’auteur, est distribuée dans les grandes chaînes et chez les libraires indépendants. KDP ne fournit que Amazon et Kobo que la Fnac, par exemple. Quant aux autoédités, combien n’arrivent même pas à faire entrer leur livre dans une librairie ou une Fnac ?

Un éditeur à compte d’auteur est également capable de fournir un service de presse qui se chargera de rédiger un communiqué et de l’envoyer pour vous. Les plateformes d’autoédition qui ont ce service le font également payer (bien sûr ^^). Et puis les maisons d’édition à compte d’auteur ont aussi un service qui vous proposent des séances de dédicaces ou des salons littéraires pour vous aider à vous vendre. C’était le cas des éditions 7 écrit dont je croisais très régulièrement des auteurs en salons et foires. Je ne sais pas si c’est toujours le cas. D’autres éditeurs à compte d’auteur sont des gens très sérieux qui sont aussi là pour accompagner les auteurs.

Finalement, une maison à compte d’auteur est, selon moi, l’équivalent d’une plateforme d’autoédition avec plus ou moins de services inclus.

Pour ma part, je suis plus à l’aise avec l’autoédition et je ne pense pas me tourner un jour vers ce genre de maisons. Cependant, pour une personne qui ne connait pas le monde du livre, c’est un bon début pour peu qu’elle soit motivée. Car ne nous leurrons pas, même en payant un service de publicité ou de relation presse, il faudra tout de même donner un peu de sa personne, en plus de son argent.

Et de ce côté, il est important de comprendre qu’il en va de même dans une maison d’édition classique. Si vous regardez le nombre de sorties de chez Hachette et le nombre de publicités, vous constaterez bien vite un écart colossal. Il est impossible pour une maison d’édition de traiter tous ses auteurs de la même façon d’un point de vue marketing. Le petit dernier qui sort son premier roman n’aura probablement pas son affiche dans le métro. Ne parlons même pas des petites maisons pour qui une affiche dans le métro équivaut à mettre la clef sous la porte suite à une banqueroute.

 

Pour conclure, il existe de bons et de mauvais éditeurs classiques ou à compte d’auteur. Il est difficile d’avoir de l’information correcte sur ces derniers à cause de leur mauvaise réputation. Si vous envisagez de passer à l’édition via ce genre de structures, prenez le temps de la comparaison. N’hésitez pas à appeler et poser des questions. Contrairement aux grandes maisons à compte d’éditeur, vous aurez facilement des réponses. Après tout, vous êtes leur client et ils ont tout intérêt à vous convaincre 😉

Ne signez pas n’importe quoi sans réfléchir et comparez en fonction de vos besoins et des prestations. Il existe de très nombreux auteurs satisfaits de leur sort en édition à compte d’auteur. La seule chose importante est de savoir dans quoi vous vous engagez en choisissant cette voie plutôt qu’une autre. Faites votre choix en connaissance de cause et non par défaut !

C’était le conseil du jour…

À bientôt

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