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Les statuts de l’auteur

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Être auteur, on l’a déjà vu, ça ne veut pas dire la même chose pour tout le monde. Mais au-delà de ce que pense l’auteur lui-même de sa légitimité, le statut d’auteur a dernièrement été à la une.

Le mouvement #PayeTonAuteur, qui était né, si je ne m’abuse, avec la grogne des auteurs de Livre Paris qui n’étaient pas payés pour leurs interventions, a fait couler beaucoup d’encre. Avant cela déjà, la hausse de la CSG non compensée pour les auteurs avait déjà fait réagir. Les associations d’auteurs étaient montées au créneau pour défendre nos droits. Enfin… Leurs droits. Eh oui ! Parce qu’en fait, un auteur et un auteur c’est pas pareil et encore moins un auteur autoédité…

Hein ?

Je l’ai dit à de nombreuses reprises, le monde du livre est complexe. Et donc, quand on est édité par une maison d’édition, on perçoit des droits d’auteur. Pour beaucoup dans le milieu, c’est un peu ce qui nous légitimise. Passons…

Lorsqu’on déclare des droits d’auteur, intervient alors l’Agessa. Pour simplifier disons que c’est la Sécu des auteurs de tous bords. Et donc, lorsqu’on perçoit des droits, on cotise à l’AGESSA. Mais, oui sinon ce serait trop simple, il y a une différence entre cotiser et avoir des droits. Je simplifie encore mais en gros dès qu’on est inscrit (et qu’on cotise) on a le droit à la Carte Vitale et donc à la prise en charge en pharmacie par exemple (ouf !). En revanche pour des indemnités journalières (congés maladie) ou le congé paternité/maternité par exemple, il faut déclarer plus de 9 000€ par an. À 1€ par livre vendu, vous imaginez bien que ce n’est pas tout le monde qui peut se permettre d’être malade ou parent chez les auteurs. Tout ça est sur le point de changer mais a priori, pas pour le mieux…

Voici donc déjà une belle différence entre un auteur et un auteur…

Évidemment, il existe une autre différence moins officielle qui fait qu’un auteur d’une grande maison et qui vend beaucoup aura plus de portes ouvertes qu’un auteur dans une maison toute petite et un petit tirage. Même sans juger la qualité des livres écrits…

Ne parlons même pas des auteurs édités à compte d’auteur. Eux sont encore plus méprisés que les autoédités.

Il existe par exemple les résidences d’auteurs. Organisées par des communes ou des régions, bien souvent, l’auteur qui en bénéficie est en général logé en échange d’une contrepartie. La plupart du temps quelques interventions en classe ou dans des conférences. On lui demande aussi d’écrire quelque chose avec ou sans contraintes. Au logement, vient souvent s’additionner un salaire équivalent à peu près au SMIC. Le tout sur une durée variable de un à six mois. Peut-être plus mais je n’ai jamais vu pour l’instant. Plutôt cool, non ?

Pour en bénéficier, il faut cependant avoir publié au moins un titre en maison d’édition à compte d’éditeur ! J’aurais compris un concours ou une sélection selon la qualité des précédentes publications, mais là, je trouve ça injuste. Passons…

Dernièrement, une charte nationale des manifestations littéraires a vu le jour. Cool ! Il y a même un paragraphe qui s’intitule « Une manifestation littéraire repose sur l’auteur, l’autrice et son œuvre ». Voilà qui en jette ! Lisons : « Concevoir une manifestation littéraire, c’est : Privilégier la présence d’auteurs et d’autrices publiés à compte d’éditeur ». OK ! Donc les auteurs, mais pas tous.

Voilà qui donne envie d’être publié à compte d’éditeur, non ?

Mouais. En fait, c’est exactement le genre de choses qui me donnent envie de rester indépendant et de réussir. D’ailleurs, quand je vois mes collègues en maison qui galèrent pour tout. Qui doivent se bouger autant que moi pour trouver des salons, faire de la pub pour leurs bouquins et à la fin ne toucher qu’un malheureux euro sur lequel on leur prendra encore x% pour l’AGESSA et les impôts, je ne les envie pas tant que ça.

 

Certes, pour nombre de journalistes, d’autres auteurs, de libraires ou de tout un tas de professionnels du livre, je ne suis pas un auteur. Je ne suis qu’un auto-entrepreneur qui fait des livres. Soit ! Mais mes lecteurs me considèrent comme un auteur et, finalement, c’est la seule chose qui compte, je trouve.

Merci à vous !

En conclusion, il y a tout un tas de statuts différents pour le même « métier » d’auteur. Être édité en maison ou non, dans une grosse boîte ou non, en compte d’éditeur ou non, bref… C’est loin d’être simple.

Beaucoup d’auteurs se plaignent de leur statut. Ils ne sont pas reconnus, pas assez payés ou pas payés du tout, n’ont pas de sécu, pas de congés maladie ou de retraite, etc… Pourtant, leurs employeurs, les maisons d’édition, ne bougent pas le petit doigt pour changer les choses. L’industrie du livre est la seconde devant le jeu vidéo, déclare le Parisien chiffres à l’appui. Hachette livre aurait eu un chiffre d’affaire de plus de 2 milliards d’euros en 2017.

C’est là qu’il faut faire bouger les choses. Pas ailleurs !!

Si tous les auteurs quittaient leurs maisons pour se lancer dans l’autoédition, pensez-vous que ça changerait quelque chose ? Tout le monde micro-entrepreneur ça veut dire couverture sociale, droit à la formation, congés maladie et meilleure paie.

Pourquoi se battre pour un système qui ne marche pas quand un système nouveau pourrait être plus efficace ? Et puis, si tout le monde était autoédité, il n’y aurait plus de différences… Non ! Là, je rêve…

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