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Mon premier roman

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Aaah, notre premier écrit. Il a toujours une place particulière dans notre cœur. Quelle qu’en soit la raison, on ne le traite jamais pareil. Après tout, c’est certainement comme notre premier amour ou notre premier enfant, un souvenir irremplaçable quoi qu’il advienne, un moment de bonheur, de joie, bref : que du positif…

 

Je ne me rappelle que très peu de la première histoire que j’ai commencé à écrire. Ce fut un projet avorté assez rapidement mettant en scène un super-héros avec pas mal de point commun avec Spiderman, si je ne me trompe pas. Toujours est-il que je n’ai plus aucune trace de ce texte de quelques pages qui a dû partir à la poubelle à l’occasion d’un déménagement ou un autre. En revanche, mon premier roman terminé, même si ce ne fut pas le premier publié, est très clair dans mon esprit puisqu’il me suit encore sur les salons et en dédicaces : Farence : la Légende.

Le cas de Farence est, je pense un cas assez courant dans le monde de l’auto-édition en particulier mais certainement chez tous les auteurs, en réalité. Lorsque j’ai écrit le premier jet de ce récit d’aventure et d’action, j’étais encore étudiant, j’étais donc jeune. Je n’avais jamais écrit quoi que ce soit de littéraire avant et je ne visais même pas une publication avec sérieux. Jusqu’au jour où je me suis mis en tête d’en faire un livre, un vrai. À partir de là, j’ai travaillé sur le style, la narration et les dialogues avec un peu plus de sérieux. Pourtant, même avec la meilleure volonté du monde, j’ai travaillé seul et j’ai commis de nombreuses erreurs. Les longues séances de relectures en petit comité ont permis de corriger le plus gros et le correcteur professionnel que j’ai engagé a fait une autre grosse part du travail. Et lorsque le livre est enfin sorti (en 2009), j’étais très fier du parcours et du travail. Les premiers retours, très positifs, m’ont convaincu que j’avais bien travaillé.

J’ai ensuite découvert le monde bien particulier de la mise en page et les règles de typographie. C’est là que j’ai, avec beaucoup de difficultés, commencé à comprendre que mon livre n’était pas parfait, loin de là. Mais j’en étais toujours très fier. Même lorsque le tome 2, travaillé différemment, est sorti. Et même, plus d’un an après, lorsque Pentacle est sorti. Pentacle, d’un point de vue éditorial, n’a rien à voir avec Farence. J’irai jusqu’à dire que Farence est à des années lumières de Pentacle à presque tous les points de vue. Et malgré tout, j’étais toujours fier de mon premier roman.

Non, je ne dirai pas « mon bébé » comme certains auteurs, je ne mange pas de ce pain-là. Mes enfants sont mes bébés, pas mes livres ;)

Et c’est assez intéressant de constater que, lorsque j’ai temporairement mis fin à ma carrière d’auteur autoédité, j’avais toujours cette fierté égale pour mes trois livres. Il est aussi intéressant de constater que je ne parle JAMAIS de « cœurs et âmes » ma première édition, que j’ai très vite considérée comme un échec, notamment à cause de la déception de découvrir ce qu’était l’édition à compte d’auteur. J’en reparlerai plus en détail, un jour…

Après Pentacle, j’ai continué d’écrire, mais sans plus publier. Je gardais bien sûr le désir de revenir à l’édition et je savais que ce ne serait qu’une question de temps. J’ai ensuite découvert Wattpad et publié là-bas des dizaines de textes. Et à force d’écrire de plus en plus, de revenir sur d’anciens textes et de corriger tout un tas de choses, j’ai fini par voir Farence pour ce qu’il était : un brouillon de ce que je peux faire aujourd’hui. Et j’ai perdu cette fierté.

Comme je le disais récemment à un collègue auteur, Farence reste mon premier roman et il aura toujours une place particulière. Pour autant, aujourd’hui, s’il est toujours sur ma table en dédicace, je l’occulte, la plupart du temps pour ne parler que des autres (Pentacle, Kereban et Caïn). Je sais que ce roman peut plaire à un grand nombre de lecteurs, en particulier les ados fans de manga, car malgré ses faiblesses, je pense que l’histoire reste sympa, pleine d’actions et de rebondissements. Les commentaires sont toujours là pour le confirmer d’ailleurs. Mais si je devais aujourd’hui ré-écrire Farence, le roman n’aurait plus rien à voir avec l’ancienne version. Farence correspond au passé. C’est mon ancien moi qui l’a écrit et le nouveau moi, s’il peut apprécier l’histoire derrière, ne saurait apprécier l’écriture pour ce qu’elle est. Et cela participe à une drôle de sensation lorsque je regarde ce roman. Pas de la honte, mais une insatisfaction à retardement. Quelque chose d’assez difficile à expliquer en quelques mots.

Il n’est pas rare d’entendre des auteurs parler de leurs anciens livres en disant qu’ils ne referaient pas la même chose qu’ils changeraient quelques détails par-ci par-là. Pour ma part, je pense qu’on ne reconnaîtrait même pas que c’est moi l’auteur des deux versions.

Farence représente ce que j’étais capable de faire de mieux en 2009. Caïn représente ce que je peux faire de mieux en 2018. Mes autres romans seront de nouveau des étalons d’autres époques. Est-ce que pour autant, en 2025, lorsque mon dernier roman sortira, je regarderai Caïn en me disant que j’ai commis trop d’erreurs et que je ne referais rien de la même manière ?

J’en doute. Farence était le premier. Cette place lui garantit une place particulière, certes, mais également un nombre d’erreurs bien plus élevé que les autres.

Il ne fait aucun doute que dans cinq, dix ou vingt ans, je me dirai que j’écrirais mes livres différemment, si je devais les ré-écrire. Mais la marche sera bien moins haute, je pense. J’espère bien continuer de progresser, mais je sais que ce ne sera pas exponentiel ;)

 

Et vous ?

Que pensez-vous de vos premiers écrits avec un peu de recul ?

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