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Sortir du lot

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Parlons un peu du problème de tous les artistes, pour autant que je sache en tout cas, se faire remarquer.

 

Je l’ai dit plus d’une fois, le monde du livre est hyper saturé avec plus de 220 livres publiés par jour en France en moyenne. Dans ce foisonnement, la première des difficultés pour tout auteur (indé ou pas) est de se faire voir. C’est déjà difficile pour un auteur avec une maison d’édition qui doit donc répartir un budget communication sur X auteurs et donc faire des choix sur qui mettre en avant et qui… ne pas mettre en avant. Pour un indé, qui n’a certes à s’occuper que de lui, le problème est de trouver le budget 🙂

Alors il y a plusieurs méthodes, certaines qu’on voit plus souvent que d’autres. En tête, la page auteur sur Facebook et l’hyper présence sur les groupes. Je suis moi-même abonné à un nombre impressionnant de groupes de lecture et/ou d’auteurs sur Facebook et lorsqu’un auteur communique, c’est vite l’overdose.

Eh oui car, au lieu de poster une fois de temps en temps sur un groupe puis une autre fois sur un autre groupe, la plupart fait un copier coller du même post sur TOUS les groupes. Il est vrai cependant que ce n’est un problème que pour ceux qui font partie d’un grand nombre de groupes. Le vrai souci est plutôt que la plupart du temps, les posts ne sont pas bien subtils et se contentent souvent d’une ou deux phrases du genre « mon livre est toujours disponible sur Amazon, achetez-le ! ». C’est ce qui fait qu’à présent, dans les règles des groupes FB, on retrouve bien souvent un alinéa sur le nombre de publicités par mois et le fait de ne pas oublier les formules de politesse.

Autre grand favori des auteurs sur les réseaux sociaux, la publicité. L’avantage sur Facebook et Instagram, c’est que la publicité est très ciblée si on se donne la peine de prendre 5 minutes pour la configurer comme il faut. Les résultats sont souvent décevants en revanche. Car il reste une chose que nombre d’auteurs oublient régulièrement : Facebook n’est pas Amazon. Les visiteurs de ce réseau ne viennent pas pour acheter mais se détendre entre amis et prendre des nouvelles les uns des autres. Une publicité incitant à acheter marche assez rarement en réalité. Il vaut mieux faire de la pub pour une promo de livre gratuit par exemple ou un événement à venir, ou simplement promouvoir sa page. Pas pour vendre quelque chose.

Autre réseau qui a la cote : Youtube !

De plus en plus d’auteurs créent une chaîne pour y dispenser leurs conseils avec plus ou moins de succès. L’offre étant déjà énorme sur Youtube, se lancer maintenant réclamera beaucoup d’efforts pour avoir une audience conséquente. Si c’est pour au final transformer cette audience en clientèle, peut-être vaut-il mieux directement essayer de recruter des lecteurs ? C’est mon avis en tout cas.

À moins bien sûr d’avoir une offre nouvelle ou d’excellente qualité. Ce n’est pas mon cas. Et d’ailleurs, je me suis plusieurs fois fait la réflexion que tel ou tel youtubeur disait des choses approximatives sinon totalement fausses…

Dans le même esprit, mais plus Old School, le blog a encore la cote. Et puisque nous sommes au pays des écrivains, lire ne pose souvent pas trop de problème. Vous l’aurez compris, pour ma part j’ai fait le choix du blog. Le succès est loin d’être au rendez-vous mais le but n’est pas tant d’attirer plein de monde que de retenir ceux qui passeraient par hasard. (Ça marche ?) À force d’écrire des articles sur le milieu du livre et de l’écriture, un d’eux finira par ressortir sur une recherche Google et quelqu’un qui ne me connait pas viendra me lire. De même, de temps en temps, je parle de mes articles dans les fameux groupes Facebook et gagnent de nouvelles vues et parfois, j’accroche suffisamment pour gagner un follower. Mais attention, mon blog ne vise pas les lecteurs mais bien les auteurs. Si les auteurs sont aussi, assez souvent, des lecteurs, ce n’est pas à eux que je cherche à vendre mes livres.

J’aime écrire mes petits articles alors ce n’est pas vraiment une contrainte. Et puis lorsque quelqu’un demande un conseil sur tel ou tel sujet, je n’ai qu’à faire un copier coller de l’adresse de l’article pour avoir une réponse bien formalisée et structurée. C’est mieux je trouve.

Internet est certainement très efficace pour se faire connaître à condition d’avoir une bonne stratégie marketing mais jusqu’à présent, je n’ai pas trouvé plus efficace (et rentable surtout) que de prendre la route pour se faire voir.

Depuis un an, je suis en salon ou dédicace trois weekend sur quatre et c’est comme ça que j’ai pu vendre le plus de livres. Certes, ce n’est pas faramineux mais c’est nettement plus rentable qu’une publicité Facebook qui va me rapporter vingt-cinq likes en trois jours. Car un like n’est pas égal à un livre vendu. Sur ma page Facebook actuellement, j’ai environ 230 abonnés et je pense que 10 ou 15% ont lu un de mes livres. Pire, parmi ces 15%, il y a des blogueurs qui l’ont eu gratuitement et donc, ça m’a coûté de l’argent ^^;

Cela nous emmène à la différence entre se faire voir et vendre. Car on a beau poster toutes les cinq minutes, avoir des tas de likes, rien ne garantit pour autant qu’on aura plein d’achats derrière. Voyez vous-même le nombre de posts ou de page que vous likez et le nombre de livres que vous avez acheté aux auteurs que vous likez.

Attention ce n’est pas une critique sur le fait de liker et ne pas acheter ! Il s’agit de prévenir que la course aux likes est un sport à part entière et souvent différent de la course aux lecteurs. Lorsqu’on en est conscient, les choses se passent bien mieux par la suite. Je me rappelle d’une collègue qui se plaignait, il n’y a pas si longtemps, d’avoir plusieurs centaines d’amis sur Facebook et seulement quelques dizaines d’exemplaires vendus. C’est typiquement le genre de confusion qui peut mener à la déception. Un ami ou un abonné ne font pas forcément un lecteur. L’inverse est d’ailleurs tout aussi vrai. En revanche, un ami ou un abonné devrait être un ambassadeur. Et pour ça, il faut avoir un discours cohérent et convaincant. Un travail à plein temps là encore. Mais lorsqu’on y parvient, alors les sorties de livres, les nouveaux projets et les promotions sont presque systématiquement repartagés par nos abonnés. C’est à ce moment qu’on peut arrêter de parler d’abonnés pour parler de communauté ^^

Je n’en suis pas encore là, mais j’y travaille.

 

Mon dernier projet en l’occurrence, pour me faire voir, est de publier un roman sur un format un peu particulier et gratuitement. Mes abonnés sur les réseaux sociaux le savent déjà, pour les autres, il s’agit de publier mon roman chapitre par chapitre (comme sur Wattpad) mais en l’envoyant par e-mail. Ce texte (Choisi) avait d’ailleurs très bien marché sur la plateforme canadienne et va maintenant se frotter au vrai monde avant la sortie au format papier du tome 1 de Chronicles.

On le dit et le répète bien souvent, pour se faire remarquer, il faut sortir des sentiers battus. C’est ce que j’essaie de faire avec ce projet. J’espère que ça marchera. Mais si ce n’est pas le cas, ça ne voudra pas dire que je dois revenir aux multiposts sur Facebook. Je chercherai autre chose d’innovant. Car avec 220 livres qui sortent par jour, faire comme tout le monde ne marchera jamais, ça j’en suis sûr !

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