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Pourquoi l’autoédition va devenir la norme ?

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Bonjour tout le monde. Une petite réflexion pour ce retour de weekend prolongé : et si l’autoédition devenait la norme ?

Il y a une vingtaine d’années, l’autoédition était un travail de titan que seuls quelques érudits pouvaient se permettre. Ça demandait également des moyens financiers assez importants. Il y a une décennie, l’impression numérique ouvrait les portes d’un nouveau monde à de très nombreux auteurs. Très nombreux, certes, mais encore marginaux et souvent pas très soigneux. Le but était avant tout de distribuer ses créations dans les cercles familiaux et amicaux. Petit à petit, les autoédités ont cependant gravi les marches des connaissances du monde de l’édition et certains proposent aujourd’hui des livres aux qualités indéniables voire, parfois, qualitativement supérieures aux maisons d’édition.

Malgré cette montée en puissance des auteurs indépendants et l’augmentation de leur nombre sur le devant de la scène, les autoédités sont encore souvent des êtres à part.

Moins mal vus mais pas bien vus pour autant. Dénigrés par certains, ignorés par d’autres, rien n’arrête cependant leur ascension. Loin d’être une véritable révolution, les auteurs indépendants ne se battent pas pour évincer les autres. La seule chose qu’ils cherchent, ce sont des lecteurs. Et il semble clair que ceux-ci sont assez nombreux pour contenter tout le monde.

Alors pourquoi la norme, qui est aujourd’hui représentée par les maisons d’édition à compte d’éditeur, changerait-elle ?

Cela fait déjà un certain temps que je constate que le marché du livre est (sur)chargé, et je ne suis pas le seul. Il sortait, en 2017, 222 nouveautés par jour, en moyenne. Si ce chiffre prend en compte, les publications universitaires, les bandes-dessinées, les manuels scolaires autant que la littérature, il n’en reste pas moins hallucinant. Les éditeurs travaillent en flux tendu et n’ont plus les moyens (que ce soit financiers, techniques ou humains) d’augmenter encore beaucoup la cadence. Les français, quant à eux continuent d’avoir de plus en plus envie d’écrire. En 2009, le journal Le Figaro prétendait que 32% des français songeaient à écrire un livre ou en avais déjà écrit un. La file d’attente est donc encore longue. Très longue.

Si de nombreuses petites structures éditoriales continuent de voir le jour régulièrement, il en existe autant qui meurent avec autant de régularité. Si de plus en plus de personnes songent à écrire mais que le nombre de maison d’édition stagne, il n’y a que deux options : abandonner ou s’auto-produire.

Deuxième point qui, à mon avis, est en train de jouer un rôle très important dans le changement qui s’opère : la rémunération des auteurs. Je le dis régulièrement, et je l’explique dans mon guide de l’autoédition, le monde du livre est complexe. Si tout le monde s’accorde à dire que sans auteur pas de livre, il n’en reste pas moins qu’un auteur ne peut pas rêver gagner beaucoup d’argent de la vente de ses livres en ne touchant que 10% du prix hors taxe de ce dernier, en moyenne. De ce côté-là, l’autoédition fait rêver avec des taux de rémunération grimpant jusqu’à 70% en numérique. Si la réalité des chiffres est un peu moins rose qu’on veut nous le faire croire, un auteur à son compte acceptera bien plus facilement de faibles revenus qu’un auteur signé chez un éditeur, qui gagnera le double de l’écrivain ! Lorsque viennent s’ajouter à tout cela des scandales tels qu’en a connu le salon Livre Paris ou encore, le mouvement #Paietonauteur, les auteurs indécis trouvent vite une réponse à leurs interrogations dans l’autoédition.

Troisième point, décisif : le public.

Les lecteurs, premiers concernés par la création de livres, sont de plus en plus intéressés par l’autoédition. Cela leur permet une bien meilleure interaction avec les auteurs. Le choix est vaste, bien plus qu’en édition classique, qui reste coincée dans des considérations commerciales qui ne favorisent pas l’émergence de nouveau talent ou d’OVNI littéraires. Par ailleurs, dans notre société du « consommons mieux, consommons local », l’autoédité devient l’artisan de l’édition. Il travaille seul ou en petit comité, mais pour l’amour de son art et non pour une multinationale qui ne lui laissera que les miettes. Il fait ce qu’il aime et cela se ressent dans les lignes de ses romans, guides de recettes ou récits de vie. Il propose du vrai !

L’autoédité est un peu le petit producteur de la littérature et, mine de rien, cela plait de plus en plus aux lecteurs.

Alors non, la littérature autoéditée ne vit pas encore ses heures de gloire, mais quelque chose me dit que ce n’est plus pour dans très longtemps. Et vous ? Quel est votre avis sur la question ?

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